« Mehdi Nemmouche est l’un des jihadistes les plus pervers et cruel de ces dix dernières années au milieu d’un palmarès malheureusement particulièrement fourni, un sociopathe dénué de toute empathie, mais doté d’une véritable intelligence », a cinglé d’emblée l’avocat général Benjamin Chambre, tout en mettant en garde contre toute « starification » de l’accusé.
Les ex-otages l’ont reconnu
Au nombre des éléments à charge, il y a bien sûr les témoignages des ex-otages. Tous ont reconnu la voix, le phrasé, mais surtout les obsessions de l’accusé : son antisémitisme incarné dans son admiration pour Mohamed Merah, ses marottes, de la guerre en Bosnie à Charles Aznavour, en passant par les grandes affaires criminelles.
« Une reconnaissance formelle, constante et répétée, corroborée par l’ensemble des investigations », résume Me Benjamin Chambre, qui insiste notamment sur ces vidéos du centre de torture d’Alep qui « confortent l’identification de Mehdi Nemmouche et confirment son rôle de geôlier ». Et de railler « les dénégations jusqu’à l’absurde » de l’accusé, signe selon lui de sa « grande lâcheté ».
Une « dangerosité extrême et persistante »
Contre cet homme « à la dangerosité extrême et persistante », Me Benjamin Chambre demande « une peine à la hauteur de sa personnalité, ses antécédents et ses crimes odieux, une peine qui protège définitivement notre société ». Il conclut : « Face à celui qui rêvait de devenir le héros de l’émission Faites entrer l’accusé, il conviendra, par votre décision, que vous fassiez oublier l’accusé. »
Pour les quatre autres accusés, dont deux sont présumés morts, des peines de 20 ans d’emprisonnement à la perpétuité ont été requises. Ce jeudi 20 mars, la parole sera à la défense.