
Ces taxes s’appliqueront à « toutes les voitures qui ne sont pas fabriquées aux États-Unis », a assuré le président américain depuis la Maison Blanche, ajoutant qu’elles entreront en vigueur « le 2 avril et nous commencerons à les collecter le 3. »
« Nous allons faire payer les pays qui font des affaires dans notre pays et prennent notre richesse […] Ce que nous allons faire, c’est des droits de douane de 25 % sur toutes les voitures qui ne sont pas fabriquées aux États-Unis. Si elles sont fabriquées aux États-Unis, il n’y aura absolument pas de droits de douane », a déclaré Donald Trump.
Ces nouveaux droits de douane sur les voitures seront « permanents » a précisé le président américain, qui a cependant assuré que ses futurs droits de douane dits « réciproques » seraient « très cléments ».
« Ceci vient s’ajouter aux droits de douane déjà existants sur ces biens », a précisé l’un de ses conseillers. Le taux jusqu’ici appliqué était de 2,5 %. Cela signifie que les voitures importées seront désormais taxées à 27,5 % de leur valeur.
Dans le cas des voitures électriques chinoises, déjà taxées à 100 % depuis août 2024, cela amènera les droits de douane à 125 %. Il s’agit d’un nouveau coup dur pour le secteur de l’automobile, qui a déjà été secoué par les précédentes annonces en la matière.
L’UE regrette « profondément » la décision, le Canada y voit une « attaque directe » contre ses travailleurs
L’Union européenne regrette « profondément » cette décision des États-Unis, a déclaré mercredi soir la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. « Je regrette profondément la décision américaine », a indiqué Mme von der Leyen dans un communiqué, ajoutant que l’UE « continuera à chercher des solutions négociées » avec les États-Unis.
Ursula von der Leyen a précisé que l’UE allait « évaluer cette annonce », en même temps que les autres mesures envisagées par Washington dans les prochains jours. « Comme je l’ai déjà dit, les droits de douane sont des taxes, mauvaises pour les affaires, pires pour les consommateurs, tant aux États-Unis que dans l’Union européenne », a-t-elle encore affirmé.
La Commission européenne avait annoncé jeudi 20 mars reporter de deux semaines, à mi-avril, l’entrée en vigueur de ses contre-mesures visant des produits américains en réponse aux taxes de 25 % décidées par Donald Trump sur l’acier et l’aluminium, afin de donner davantage de temps à une solution négociée.
Cette décision est vue comme une « attaque directe » contre les travailleurs du Canada, a déclaré le Premier ministre canadien, Mark Carney. « Ces droits de douane contre notre industrie automobile sont une attaque directe contre les travailleurs » canadiens, a-t-il dit devant des journalistes, accusant le président américain Donald Trump de « trahir notre accord commercial ».
Secteur sous tension
Début février, l’annonce de 25 % de droits de douane sur les produits canadiens et mexicains a fait trembler le secteur, alors que la chaîne de production des principaux constructeurs automobiles américains est largement intégrée entre les trois pays nord-américains.
Leur report, jusqu’au 2 avril, avait alors constitué un soulagement pour l’industrie, avant que ceux imposés cette fois sur l’acier et l’aluminium, effectifs depuis mi-mars, ne viennent la remettre sous tension. Près de la moitié de l’acier et de l’aluminium consommés par les industries américaines est en effet importée.
Donald Trump prêt à faire des concessions douanières à Pékin en échange d’un accord sur TikTok
Donald Trump s’est dit mercredi prêt à faire des concessions douanières à la Chine en échange d’un accord sur TikTok, menacé d’interdiction aux États-Unis à moins que sa maison mère chinoise, ByteDance, n’accepte de céder ses activités américaines. « La Chine va devoir jouer un rôle [dans la vente de l’application], ils vont possiblement devoir l’approuver et s’ils le font, peut-être que je leur accorderai une petite réduction sur les droits de douane », a lancé le président américain depuis la Maison Blanche. « Nous aurons une forme d’accord », pour maintenir TikTok aux États-Unis, a assuré Donald Trump.
Le 20 janvier, à peine investi, il avait accordé un délai de 75 jours à ByteDance pour céder ses activités américaines, soit jusqu’au 5 avril. Au terme de ce délai, faute de cession, la très populaire plateforme est censée être interdite aux États-Unis, où elle a 170 millions d’utilisateurs, selon les termes d’une loi votée l’année dernière, au nom de la protection de la sécurité nationale.
« Nous aurons une forme d’accord », a répété le président. « Mais s’il n’est pas finalisé, ce n’est pas grave. Nous prolongerons simplement [le délai]. J’ai le droit de le prolonger si je le souhaite », a-t-il ajouté. « TikTok est très populaire, [la plateforme] a beaucoup de succès, c’est très bien », a-t-il dit.